dimanche 2 juin 2013

Dimanche 2 matin

Bonjour,

Petite étude comparative sur la qualité et l'hémiplégie.

Depuis plusieurs semaines maintenant je m'attache à détailler les actions et les processus pour pouvoir retrouver mes 2 moi : celui qui pense à toute vitesse et celui qui ne comprend rien.
Je suis sans cesse "partagée" entre le moi intérieur qui me raconte la vie d'avant, et le moi extérieur qui m'envoie des signaux  : " stop! au delà de cette limite , tu ne sais plus rien...".
Heureusement ma famille, mes amis et mes soignants sont tous sur le pont pour me persuader du contraire.
Et ça finit par rentrer ...
 
De la "démarche qualité" , j'ai bien retenu qu'il fallait "décrire , décrire , décrire...  Ce n'est pas une question de détail mais une question de sens.
A la Tour Blanche, on m'a bien expliqué , que je pouvais mémoriser de nouveaux processus qui seraient faux. Parce que mon esprit ne peut pas encore faire la différence. Catastrophe !
C'est déjà terrible de tout réapprendre, alors si je risque de réapprendre des choses fausses ou inutiles, je ne joue plus.
C'est pourquoi, je sollicite à chaque instant mon entourage pour qu'il m'apporte les corrections nécessaires.
Quand l'entourage est médical, cela se passe sans heurt. Mais quand l'entourage est familial ou amical, il y a parfois des incompréhensions. Du style : "mais tu sais déjà manger toute seule, qu'est-ce que tu nous embêtes à vouloir réécrire de mémoire le passage de l'Ecclésiaste: " Il y a un temps pour pleurer et un temps pour rire, un temps pour déchirer et un temps pour coudre ".
Moi, j'ai beaucoup déchiré et maintenant, je couds et recouds avec acharnement mes deux vies.
Ce que m' a appris la qualité , c'est d'abord la patience : On fait, on défait, on décrit interminablement, on passe sans cesse des audits qui vous renvoient des chaos , alors que vos intentions étaient les meilleures du monde.
Oui mais voilà ce n'est pas l'intention qui compte dans la qualité et l'hémiplégie, c'est l'objectif qu'on s'est fixé. Et bien sûr la vérification de la conformité de la réalisation à cet objectif. En clair, je pourrais me donner comme objectif d'inventer un nouvel alphabet, à condition que cet alphabet soit universellement adopté, à commencer par moi. La difficulté c'est que j'oublie d'une minute à l'autre ce que j'ai créé. Donc mon système qualité , n'est ni fiable ni stable.
Je reviens donc aux fondamentaux , A B C , 1 2 3 4 5 ... Et là , j'ai une horrible tentation : me perdre dans un système qualité très complexe , très savant mais inutilisable. Je dois faire le tri entre les connaissances non indispensables immédiatement et celles qui vont me permettrent de créer une nouvelle vie .
Ainsi , la démarche "qualité" s'auto-alimente toute seule indéfiniment. Ce n'est pas parce qu'on a appris la norme "machin" ou à manger toute seule , qu'on est au bout. Il y a toujours des déclinaisons de la norme et du savoir humain.
Petite précision pour ceux et celles qui n'aiment pas la démarche qualité : je suis désolée de vous écrire tout ça , cela se fait malgré moi , les qualiticiens d'Alisé m'ont profondément marquée , c'est entièrement de leur faute, ils n'ont pas cessé de me baratiner depuis dix ans. Et en plus , il aimaient ça . Il y avait quand-même un petit bémol, c'est que les entreprises râlaient beaucoup et me faisaient des remarques amères sur le coût exorbitant de toutes ces plaisanteries ...
Pauvre de moi, je disais à tout le monde , à quel point cette démarche allait leur faire gagner des places dans la compétition internationale.
Je vous laisse sur ces réflexions qui ne manqueront pas, je l'espère, d'apporter de l'eau à votre moulin . Vous me connaissez , au fond je suis une femme très consensuelle : si vous n'aimez la qualité, critiquez la, mais n'en dégoûtez pas les autres .
 Amitié
 Monique

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