Texte dicté par Monique dimanche matin:
Deux expériences qui comptent ...
Cette semaine , j'ai emmené un projet jusqu'au bout , quand je dis "je", c'est grâce à mes thérapeutes chéris qui me conduisent de main de maître à travers le dédale des savoirs et des savoirs faire . Merci à eux tous , ils me rendent la vie . Bon, mais ils sont terriblement exigeants
Au menu , cette semaine, confection d'un repas pour trois personnes , service et rangement ...On commence à 9h30 le matin par la liste des courses et on termine à 14h par la vaisselle et le rangement. C'est trop trop dur de tout gérer , mais j'arrive à ne pas écouter la petite voix qui dit : " ça va se faire en 5 mn" , car c'est du temps qu'il me faut maintenant pour faire se connecter ensemble mes cellules . Le problème c'est que , je continue à avoir l'impression de savoir et de gérer les difficultés mais dans la réalité je suis dans un labyrinthe avec une multitude de fausses portes. Je prends les chemins au hasard . Quelque fois ça donne tout de suite le résultat attendu , mais souvent , je tourne en rond sans comprendre .
Courses au supermarché . Je me fais insulter par un gamin mal élevé qui trouve que je ne vais pas assez vite ,je cherche dans les rayons des choses qui sont sous mes yeux . Je suis très concentrée mais le monde me fait peur , il va trop vite pour moi et je n'arrive pas à trouver la bonne distance physique , car je ne localise rien sur mon côté droit. Heureusement , on me fait faire beaucoup d'exercices pour utiliser les yeux et cela me fait du bien.
Les courses finies , nous rentrons préparer le repas . J'ai l'impression d'être aux commandes d'un sous marin nucléaire , c'est tout juste si je ne cherche pas le mode d'emploi . Première partie réussie : la tarte aux pommes sort du four , il est 11h. Ça va , je me rassure . Je ne me rends pas compte que je suis fatiguée et les choses ne s'enchaînent plus , je fais revenir les oignons dans une poêle minuscule et je ne comprends pas pourquoi ça ne marche pas , mais c'est bien sûr , il faut utiliser plusieurs instruments , ma thérapeute me l'explique . Merci , la pression monte , on se croirait dans "Master chief". Il faut gérer les liquides bouillants , les préparations de légumes , le chrono qui tourne et la volonté de réussir enfin un repas complet .
Au bout de plusieurs heures , la table est dressée et nous déjeunons tranquillement comme si de rien n'était. Quel soulagement de renouer avec ces gestes de la vie de tous les jours.
La seconde expérience concerne le chagrin .
Les trois dernières semaine , j'ai été malmenée par plusieurs épisodes:
C'est quelque chose qui vous embarque sans prévenir et qui a les mêmes effets qu'une hémorragie . Il faut appliquer les sages conseils de mes thérapeutes , se laisser embarquer par le flux, c'est ça qui lave et qui débarrasse . Après , ça va mieux , la plaie est refermée et l'on peut de nouveau agir . Cela ne sert à rien de résister ou de se dire toutes les fausses bonnes paroles du style : " tu t'en sors bien: ma voisine , elle est restée aphasique , la grand mère n'a plus jamais reparlé et le beau frère d'Untel ne marche toujours pas ... Quand je suis comme ça dans le chagrin , je ne veux surtout pas qu'on me parle des autres mais qu'on respecte ma douleur et qu'on me laisse aller au bout , Même si ça fait de la peine .
Petite conversation avec mon fils sur la gestion du changement dans les organisations professionnelles , chaque chose se fait en son temps , cela ne sert à rien de vouloir respecter les objectifs si on ne laisse pas un temps de maturation entre les étapes . Donc , je mature , je mature , je mature .
Je sais bien qu'il est très pénible pour l'entourage de me voir pleurer d'un seul coup. Chacun le ressent comme un reproche pour lui même . comme s'il n'avait pas été capable d'éviter cet instant ou capable de le calmer facilement . C'est pourtant une réaction qui doit se faire et qui porte en elle sa propre guérison.
Respecter ma douleur c'est aussi la laisser s'exprimer sans que vous me disiez :" ça va aller" . C'est dur pour vous , c'est contraire à la nature , mais c'est essentiel pour que je puisse surmonter les choses . Dites moi juste : " On pense à toi ".
Et puis après , vous verrez ça ira mieux très vite parce que je passe d'une émotion à l'autre et je retrouve le plaisir de rire et de plaisanter .
Merci de faire cet apprentissage avec moi , on va s'en sortir .
Monique
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